Next - Lee Tamahori (2007)

La science-fiction en écran large

Next - Lee Tamahori (2007)

Messagepar neocobalt » Vendredi 20 Avril 2007, 23h34

Le 25 avril 2007 sort sur nos écrans le film Next adapté d'une nouvelle de Philip K. Dick : L'homme doré, The Golden Man (1953) ; ce film reprend l'idée de départ de l'auteur d'autres nouvelles et romans adaptés à l'écran, de Blade Runner à A Scanner Darkly, en passant par Total Recall, Screamers, Paycheck et Impostor : un homme capable de voir son futur et de l'anticiper de ce fait.

Mais l'idée exploitant ce postulat de départ est différente dans le film par rapport à l'original : en effet, dans la nouvelle, l'homme doré à une finalité comme animale tandis que dans le film, cette faculté d'anticiper sur le futur immédiat se porte sur une survie plus propice au développement de l'action, à des scènes d'action. Le rapprochement entre les deux pourrait rappeler en ce sens celui entre la nouvelle We Can Remember it for you Wholesale (Souvenirs garantis, prix raisonnables) et son adaptation cinéma ultraviolente Total Recall, du même co-scénariste Gary Goldman.

( Gary Goldman sera-t-il l'homme doré 2007 ? aura-t-il une statuette en or ? )

Next (2007)
Réalisé par Lee Tamahori
Scénario de Gary Goldman (Producteur exécutif), Jonathan Hensleigh, Paul Bernbaum
Avec Nicolas Cage, Julianne Moore, Jessica Biel
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Messagepar neocobalt » Mardi 01 Mai 2007, 08h14

Le scénariste et producteur exécutif de Next, Gary Goldman, reprend une astuce tout simple dont il a déjà fait usage dans Total Recall. Au risque de désapointer le spectateur, Next nous entraîne dans la prison existentielle du personnage incarné par l'acteur principal et producteur du film, Nicolas Cage, dont les murs, le sols et le plafond se dressent et s'étalent, l'enferment à chaque nouveau coup qu'il oppose à celui d'une menace terroriste afin d'y échapper. Il est prêt à mourir, encore et encore, pour sauver celle qu'il aime, une jeune femme vis-à-vis de laquelle il ne s'explique pourquoi il peut voir au-delà des deux minutes habituelles, un catalyseur humain qui les implique désormais tous les deux, et non plus lui seul. Il va tout tenter pour la protéger dans cette partie d'échecs contre le destin. Car il s'agit d'un jeu, du jeu de la vie et de la mort quand on peut voir à l'avance et déjouer le sort.

Deux ou trois scènes dans le film se présentent comme la parfaite métaphore de la théorie des jeux : le joueur tente un coup, perd, remonte la branche du jeu pour tenter un autre coup, sans plus de succès, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'un coup mène enfin à la réussite, un enchaînement de mouvements possibles dont les gains pondèrent le choix de ce héros désabusé.

Soyons honnêtes, ce film n'est pas un chef-d'oeuvre mais s'avère de bonne facture, sans compter une bonne adaptation de la nouvelle de Philip K. Dick, The Golden Man (L'homme doré) ; il en reprend le pitch avec un personnage de nature différente évoluant dans un contexte devenu peu à peu conventionnel dans notre monde de l'après 11 septembre.
Nous retrouvons Julianne Moore de nouveau dans la peau d'un agent du gouvernement américain, résolue et professionnelle, sachant faire appel à son instinct, aux côtés d'un Nicolas Cage incarnant un homme doré bien humain, avec ses faiblesses et des sentiments déterminant ses actions plus que sa faculté de voir, vivre, anticiper son proche avenir avant que celui-ci ne se déroule réellement selon ses choix voire ses désirs. Tandis que cet homme doré est motivé par sa nature, plus animale qu'humaine dans la nouvelle de Dick, elle s'avère prosaïque et bien humaine dans ce film montrant un homme né avec ce don et ne souhaitant qu'une chose : ne pas se faire remarquer et vivre un semblant de vie normale, notamment l'amour, ce qui rapproche l'adaptation de l'original.
Gary Goldman nous entraîne quant à lui dans sa logique avec une implacable efficacité, en nous offrant une bonne dose d'action jusqu'à la chute finale.

En guise de conclusion et sans prendre tout cela trop au sérieux, je dirai que vous pouvez choisir de ne pas aller voir ce film, par peur de connaître la vérité sur cet homme doré, mais ce choix ne sera pas le seul possible : il y en a d'autres, et si vous voulez goûter à chacun d'eux, l'un au moins vous mènera dans une salle obscure aux côtés d'autres vous-mêmes, face à l'écran du destin.
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Messagepar john.koenig » Mardi 01 Mai 2007, 16h54

Je viens de voir e film (au même endroit que toi neo ? :wink: ) et je viens de lire la nouvelle dans la foulée :D

Même si j'ai passé un excellent moment, le film m'a surtout fait pensé à un pilote de série tv (déformation professionnelle sans doute :wink: )
Tout au long de l'histoire, j'ai pensé à la série "dead zone" ! D'ailleurs, de nombreuses scénes ne sont pas sans rappeler les aventures de John Smith !
Seule la fin m'a surpris, n'ayant pas vu venir le "twist" final qui nous donne un nouvel angle de comprehension de l'histoire !

J'ai donc lu la nouvelle qui pour moi n'a absolument rien à voir avec le film !
Seuls les noms et le pouvoir du héros ont été conservés. Tout le reste diverge.
En fait, la nouvelle m'a plus fait penser au comics "Xmen" qu'à autre chose. On y retrouve cette même défiance de l'homo sapiens vis à vis de "l'homo superior" et sa volonté de lutter contre toute mutation qui pourrait remettre en cause sa domination de la planête.
D'ailleurs, je me demande à quel point Stan Lee ne se serait pas inspiré de l'oeuvre de K.Dick pour créer sa célébre bande de mutants tant les mutations présentées dans la nouvelle et les mutations des Xmen sont proches !
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Messagepar neocobalt » Mardi 01 Mai 2007, 18h45

Je partage ton avis, John : la nouvelle originale de Philip K. Dick, The Golden Man, est bien plus proche des X-men, les mutants de Stan Lee, emblématiques du monde des Comics, qu'elle ne l'est du film sujet de notre discussion ici, Next.
A ce titre, si l'adaptation s'était montrée parfaitement fidèle, peut-être cela aurait-il pu déclencher une réaction chez Marvel, plus ou moins légitime, en vue de faire valoir sa paternité et propriété intellectuelle des mutants tels qu'ils sont présentés dans la nouvelle de Dick et si proches de l'univers des X-men :wink:
Née de l'imagination de PKD en 1953, la nouvelle précède peut-être la germination des X-men de Stan Lee, dont je n'en connais pas la date, mais je ne suis pas un spécialiste et je ne m'avancerais pas à en juger sans un examen approfondi de la question. Peut-être pourrions-nous le faire ici...
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Messagepar john.koenig » Mardi 01 Mai 2007, 19h26

neocobalt a écrit: .....Née de l'imagination de PKD en 1953, la nouvelle précède peut-être la germination des X-men de Stan Lee, dont je n'en connais pas la date, mais je ne suis pas un spécialiste et je ne m'avancerais pas à en juger sans un examen approfondi de la question. Peut-être pourrions-nous le faire ici...


Le 1er numéro des Xmen est paru en 1963, soit 10 ans après la nouvelle de PKD 8)
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Messagepar neocobalt » Dimanche 25 Mai 2008, 23h02

J'ai fait l'acquisition du DVD hier, et j'ai pu profiter par ce second visionnage des deux ou trois achoppements liés à la relation du personnage principal Chris et son amie Liz.
Cette nouvelle lecture apporte le plaisir de revoir ce bon film, même si l'effet de surprise est passé.
De quoi alimenter une réflexion pour quelque temps sur le sujet du futur, du présent et du destin.
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Messagepar Cryptide » Samedi 31 Mai 2008, 22h41

Il m'a fallu des mois pour me décider à voir ce film. (Encore une "adaptation" d'une nouvelle de Dick. A quoi dois-je m'attendre ?) Les diverses critiques - plutôt tièdes - que j'avais pu lire lors de sa sortie ne m'incitaient pas à louer le DVD.
Je me suis finalement décidé ce soir, plus par désoeuvrement que par véritable intérêt.
Verdict ? Ni franchement mauvais, ni franchement bon. Divertissant mais plutôt anodin et qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Juste de quoi passer une soirée, quoi. Comme souvent, la partie purement action m'a ennuyé.

J'ai tout de même apprécié la scène dans le snack où Nicholas Cage imagine différentes manières d'aborder la femme, se soldant (presque) toutes par un échec. Cela m'a fait penser à une scène similaire dans "Un jour sans fin" (vous voyez laquelle, je suppose). J'ai aussi aimé la fin, plutôt inattendue, bien que je me rappelle un twist semblable dans un autre film de SF mais j'ai oublié lequel (ça vous dit quelque chose ?).
J'ai tout de même eu la confirmation de ce que j'avais déjà dit sur le fil de Total Recall : Nicholas Cage ferait un bon personnage dickien si quelqu'un se décidait à adapter correctement un de ces romans.
Quant à la nouvelle, je ne l'ai pas lue mais de toute façon, à vous lire, elle n'a rien à voir avec le film.
Comme d'habitude, quoi.
Au suivant !

:!: concernant le lien entre la nouvelle "L'homme doré" et les X-men, je pense à une autre nouvelle de Dick que j'ai lue récemment et qui m'a inspiré le même rapprochement :
Un monde de talents (1954)

Petit résumé :
Sur la planète Proxima III, les colons se divisent en deux catégories : les Norms et les Psis. Ces derniers ont développé des pouvoirs divers (télépathie, psychokinésie, précognition, faculté de réanimer les morts) et sont de ce fait à la fois craints et enviés par les Norms (les normaux). L'atttitude de la Terre et du reste du système solaire à leur encontre est encore plus extrême, voyant dans ces individus hors-normes un danger potentiel pour toute l'humanité. Aussi, les tensions entre Promixa III et la Terre sont arrivées à un point de non-retour qui voit se profiler le spectre de la guerre civile.
Curt, un précog, cherche à comprendre quant à lui pourquoi son petit garçon de 8 ans n'a toujours pas développé son pouvoir (acquis par hérédité). Parallèlement, notre homme croit avoir trouvé un moyen d'éviter le conflit. La solution s'appelle Pat Conley, une jeune fille que le précog à découverte sur une autre planète et qui possède le talent inédit d'annuler les pouvoirs des autres. L'homme y voit l'opportunité de créer une nouvelle classe, les Anti-psi, qui permettrait de rétablir un équilibre entre Psis et Norms.
Mais les télépathes, personnages influents qui se sentent menacés par cette nouvelle catégorie, ne l'entendent pas de cette oreille.
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Messagepar cariboo » Samedi 07 Juin 2008, 17h59

J'ai acheté et lu "l'homme doré" dès sa parution en France, traduit pour les éditions J'ai lu en février 1982. Il y a bien une bonne quinzaine d'années que je ne l'avais pas relu ( Je relis tous mes vieux bouquins en principe tous les cinq ou dix ans).
j'ai visionné Next, il y a deux mois.
Jusqu'à aujourd'hui à la lecture de ce fil, je n'avais jamais fait le rapprochement, c'est vous dire si la parenté entre les deux me paraît mince.j'ai d'ailleurs un souvenir plus précis de la nouvelle que du film qui ne m'a pas vraiment passionné. Mais je vais le revoir, sachant ce que je sais maintenant.
Pour la parenté avec Marvel, le thème des mutants est tellement exploité que l'on pourrait aussi évoquer "à la poursuite des Slans" ou "les Mutants". marvel n'a fait que suivre (avec talent) le courant le plus en vogue dans les années 60.
Notre avenir est déjà écrit dans les livres du passé. Le problème c'est qu'on ne sait pas lesquels !
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Messagepar erwelyn » Dimanche 04 Mars 2012, 07h57

D'abord :exit la nouvelle de PKD. Je ne l'ai pas lue et quand ce sera le moment je la chroniquerai à part. Vu tout ce qui a été dit là autant prendre les 2 œuvres distinctement et se contenter d'un "inspiré de" plutôt que d'un "adapté de".
Me voilà libérée du poids de la comparaison.

C'est un film d'action de facture classique autant qu'une romance. J'ai retrouvé dans Nicolas Cage l'amoureux de Sailor et Lula et de Peggy Sue s'est marié. Viviane Moore campe une flic opiniâtre mais sympathique et les méchants sont vraiment méchants (càd qu'ils le sont jusqu'à ce qu'ils se fassent dégommer comme de vulgaires poupées de chiffon). Bref pas très convaincant. Grosse cavalerie d'armes, de technologies pour un petit film d'action qui gagne quelques points grâce à cette jolie histoire d'amour et... ah oui le monsieur voit dans l'avenir.
Ce pouvoir dont on ne saura rien (il semble être né avec) lui cause autant de soucis que de fun. Finalement au début on voit le bon côté des choses (le casino), puis l'aspect mélancolique (la fille qui doit apparaître dans sa vie.. mais quand ?) puis enfin le côté dangereux (il est sollicité pour intercepter une arme atomique). La question des pouvoirs est assez vite éludée. Ok ce don le pèse et on le traite comme une bête de foire qu'on vient qd même chercher quand on en a besoin. Deuxième exit : le mutant mal aimé, mal compris manque aussi de profondeur d'analyse.
Finalement ce qui prévaut c'est surtout la virtuosité des effets visuels donnés. Dans le casino, c'est un peu comme une danse. Dans le bar, c'est le côte "un jour sans fin" et dans le motel, c'est une belle scène d'action digne d'un jeu vidéo où le perso doit éviter les obstacles et les objets qui arrivent de tous les côtés.
Quant à la fin et bien forcément, on comprend pourquoi John en parle comme un pilote de série : d'abord le film est plutôt court, 1h20 quand on a retiré les 2 génériques, et la fin en forme de recommencement pour partir sur une nouvelle probabilité pourrait donner lieu à autant d'épisodes que de possibilités.

Bref, j'ai surtout vu une belle romance. J'ai raté un truc ? :oops:
Ah oui l'apparition du regretté Peter Falks (ça je l'ai pas raté)
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Messagepar erwelyn » Mercredi 07 Mars 2012, 18h26

:arrow: (Nouvelle) L'homme doré - Philip K. Dick (1953) voir la chronique de la nouvelle qui a inspiré le film Next
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Messagepar Eraziel » Dimanche 11 Mars 2012, 03h10

Un film que j'ai beaucoup apprécié dans son traitement, dans sa narration surtout. Cette façon de jongler entre les issues, entre les possibilités m'a plutôt séduit.

Par contre, plus le temps passe et moins je supporte Nicolas Cage... Son jeu devient de plus en plus mauvais et son charisme disparait à vue d'oeil. Il n'est pas mauvais ici, loin de là, mais tellement insipide que son choix me paraît être bien discutable.
Le petit monde d'Eraziel, c'est ici : Image
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Messagepar neocobalt » Dimanche 11 Mars 2012, 21h06

Concernant le jeu de Nicolas Cage, je l'ai trouvé soigné et convaincant pour un homme qui doit se faire discret voire effacé. Plus récemment encore dans son rôle de père et mentor, loin de démériter dans le film Kick-Ass.
Mais peut-être a-t-il tenu des rôles plus décevants ces derniers temps.
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